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Cameron Woki : La montée en puissance d’un phénomène

Cameron Woki

Pour tous ceux qui ont vu Cameron Woki chez les catégories jeunes, la question qui se posait c’était quand plutôt que s’il atteindrait le plus haut niveau.

Produit de la formation massicoise, club qui ne cesse de sortir des bijoux en troisième ligne, en fin de compte Woki pourrait devenir le meilleur de tous.

Le club de la banlieue parisienne est actuellement en Nationale, mais peut rivaliser avec les centres de formations du Top 14.

Dans l’espace de cinq ans, Yacouba Camara, Sekou Macalou, Judicaël Cancoriet et Woki ont tous fait leurs preuves à Massy avant de partir et finir avec les Bleus.

Derrière eux on retrouve Jordan Joseph, qui a deux ans de moins que Woki. S’il n’a pas encore atteint le même niveau que ces prédécesseurs, Joseph avait été élu Révélation de la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2018, remportée par les Bleuets.

À côté de lui en troisième ligne il y avait Woki, auteur d’un essai en finale avec un jeu déjà taillé pour le haut niveau.

C’est lors de cette saison 2017/18 qu’il s’est révélé, avec les Bleuets qui ont remporté le Tournoi et la Coupe du Monde, mais aussi après avoir quitté le sud de Paris pour Bordeaux.

En rejoignant un club qui était connu pour son beau rugby, mais aussi pour son incapacité de se qualifier pour les phases finales, Woki a joué un rôle important dans la montée en puissance de l’UBB.

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Sous les ordres de Christophe Urios – ancien entraîneur d’Oyonnax et Castres – les Bèglais se sont qualifiés pour les phases finales pour la première fois, et pointent actuellement à la première place en Top 14.

Woki, avec l’ouvreur Matthieu Jalibert, fait partie des joueurs les plus importants du projet bordelais, et avait débuté 15 rencontres avant même de fêter ses 20 ans.

Sa première convocation chez les Bleus dans le premier groupe de Fabien Galthié en 2020 n’était pas une surprise, tant ses talents étaient évidents.

S’il n’a pas la vitesse de Macalou – sans doute l’avant le plus rapide du rugby international – il est tout de même bien au-dessus de la moyenne, tandis qu’en touche, il n’a pas d’équivalent.

Cameron Woki

Son collègue à Bordeaux, l’ancien deuxième ligne d’Australie, Kane Douglas, a expliqué pourquoi Woki est si habile en touche.

Au micro du French Rugby Podcast, Douglas a dit : « Il est sans doute le meilleur sauteur que j’ai jamais vu. Il y en a peut-être qui lisent mieux la touche, mais il est tellement élastique que tu peux juste le lancer.

« Je l’ai vu à l’entraînement sur un lancer en fond de touche dévier le ballon quand il saut en premier sauteur. Tu peux le lancer et il est tellement léger et élastique avec des bras longs. »

Cette capacité en touche était en évidence lors de la finale de la Coupe d’Automne des Nations en 2020. Contre la combinaison Jamie George-Maro Itoje, point fort de la touche anglaise depuis cinq ans, Woki a volé deux ballons en touche, et en a capté trois sur les touches françaises.

Cameron Woki Itoje

Si les Bleus ont perdu après prolongation, Woki a montré qu’il avait le niveau lors de cette première année avec les Bleus.

Il avait fait ses débuts lors du premier match de Galthié, face aux mêmes Anglais, en tant que remplaçant. Mais avec la concurrence en troisième ligne, il a dû faire preuve de patience.

La tournée de novembre 2020, avec la limite des feuilles de match lui a offert une occasion, et la tournée en Australie l’an dernier était une deuxième.

En Australie, Woki ne s’est pas raté, avec des prestations de très haut niveau, notamment lors de la première victoire sur le sol australien contre les Wallabies depuis 31 ans.

Le staff était clairement convaincu par ses prestations et en novembre dernier, il a débuté le premier match contre l’Argentine et a joué les 80 minutes de la victoire 29-20.

Quelques jours plus tard une nouvelle idée a filtré de décaler Woki en deuxième ligne, poste auquel il n’avait jamais joué auparavant.

Après une première plutôt réussie face à la Géorgie, il a enchaîné contre la Nouvelle-Zélande et la paire Whitelock-Retallick, lors de la victoire 40-25 des Bleus. Malgré ce manque de poids souligné par Douglas, Woki a fait plus que rivaliser.

Cameron Woki Nouvelle-Zélande

Même Urios s’est dit bluffé par Woki dans la cage. S’il reste un troisième ligne en club, le joueur a montré qu’il pouvait très bien s’en sortir en deuxième ligne au niveau international.

La question qui se pose désormais est sur le rôle de Woki dans le Tournoi. Avec six deuxièmes lignes dans la liste de 42, on pouvait s’en douter, et Galthié a expliqué depuis qu’il voit Woki plutôt comme un troisième ligne aile en ce moment.

Ce ne veut pas dire qu’on ne le reverra pas en deuxième ligne, que ce soit en cours de match ou même au coup d’envoi.

Dans le court-terme, pourtant, on devrait plutôt le voir en troisième ligne. Même en l’absence de Charles Ollivon, blessé, la concurrence est féroce. Les Toulousains François Cros et Anthony Jelonch, ainsi que le Rochelais Grégory Alldritt, peuvent tous prétendre à une place de titulaire.

Mais au vu de ses prestations en club et chez les Bleus, ainsi que ce qu’il apporte dans le jeu courant et en conquête, le choix pour Galthié semble être quel est la meilleure combinaison autour de Woki.