France v Ireland - Women's Six Nations Rugby - 25 April 2026

Stade Marcel-MichelinFrance
TERMINÉ
ArbitreClara Munarini
MT7-7
FRA
FRA
26
vs
IRL
IRL
7
MT7-7
0
Mètres gagnés
0
0
Turnover gagné
0
0
Plaquages réussis
0
Rapport de match

La défense héroïque des Bleues ouvre la voie au bonus offensif face à l'Irlande

Au terme d’un combat très rude à l’intensité folle dans un stade Marcel-Michelin à guichets fermés, la France s'est montrée une fois de plus irrésistible en seconde période face à l'Irlande.

Il fallait impérativement soigner l’entame des matchs, ce qui avait fait défaut lors des deux premières rencontres, face à l’Italie et au Pays de Galles. Bon, ça n’a pas été le cas avec un carton jaune sur Pauline Barrat dès la 2e minute de jeu suite à un en-avant délibéré, contraignant les Bleues à jouer dans le dur tout de suite.

Entame cauchemar et carton jaune précoce

Un indice ? Au bout de douze minutes de jeu, les Françaises totalisaient déjà cinq pénalités, 37% de possession et d’occupation (contre 65%), 65 plaquages (3 manqués) contre 27 (deux manqués), quatre tentatives d’essais dont un avorté à la vidéo pour un double mouvement et un autre réussi par la talonneuse Cliodhna Moloney-MacDonald (0-7). Bref une entame encore manquée à la différence près que la réponse de l’équipe de France était positive avec ce premier essai international d’Ambre Mwayembe (7-7).

À égalité, les Bleues tentaient de contrer le jeu rapide imposé par les Irlandaises pendant cette première période d’une intensité folle. Un sauvetage miraculeux d’Anaïs Grando (le deuxième depuis le début de la rencontre) empêchait Fiona Tuite d’aplatir à la 23e après une course déterminée. A la demi-heure de jeu, le troisième essai des vertes était refusé suite à un en-avant discret de la demie de mêlée Emily Lane repéré par la vidéo.

Une première période subie sous le rythme irlandais

Avec très peu de possession propre, trop peu d’occasions de mettre leur jeu en place, des tentatives systématiquement contrées et un rythme freiné après chaque temps de jeu, les Bleues souffraient pendant cette première période. Et dire qu’il y a encore quatre ans, la filière féminine irlandaise était menacée. Aujourd’hui, la cinquième puissance mondiale a largement dominé tant en termes de possession (61%) que d’occupation (73%), de grattage (5 ballons gagnés).

« On est un peu mieux rentrées dedans, mais il y a encore des fautes non négociables comme celle qui nous amène un carton jaune ; ça nous met direct dans le dur. Il faut qu’on soit plus propres sur les phases de ruck notamment », soufflait la capitaine Manae Feleu à la pause, satisfaite malgré tout de tenir le score à 7 partout.

« Il faut aller chercher plus tôt, plus haut et faire tomber plus vite », alertait le sélectionneur François Ratier alors que la France se trouvait trop souvent en position de défendre, certes héroïquement, mais de défendre quand même.

Le retour des vestiaires était exactement dans la même lignée : les intentions offensives et perturbantes de la part de l’Irlande et une grosse défense des Françaises à l’image de Charlotte Escudero, tout juste rentrée à la place de Kiara Zago. Mais la France parvenait à prendre le score pour la première fois à la 50e suite aux crochets de Carla Arbez après une belle percée de Mwayembe qui mourrait sur le poteau (14-7). Cette action allait-elle être le tournant du match ?

Le tournant : Arbez et Mwayembe font basculer le match

Il semble alors que les Irlandaises commençaient à perdre patience, se sentant un peu plus fébriles, manquant de justesse dans leurs passes. En face, les Bleues restaient placides, concentrées, déterminées. Le public scandait « Ici, ici, c’est Montferrand », pour ajouter de la pression mentale. Alors que l’Irlande avait une occasion de revenir à quatre points, la pénalité passait à côté.

Dominer n’est pas gagner et l’Irlande le sentait bien alors qu’elle affichait toujours des taux d’occupation (70%) et de possession (63%) impressionnants à l’heure de jeu. La talonneuse Mathilde Lazarko, capitaine de l’ASM Romagnat, performante devant son public pour sa troisième sélection, sortait un peu amochée. Pauline Barrat sortait également sur protocole commotion. Pour une fois qu’elle avait la possession, la France mettait du rythme et se montrait dangereuse ballon an main, jusqu’à la transversale un peu trop longue de Pauline Bourdon-Sansus pour Anaïs Grando.

Quand l’Irlande doute, les Bleues s’installent

La deuxième tentative était la bonne. Après un bon relais, la Catalane de Clermont, bien conseillée par la meilleure joueuse du monde 2022 Jessy Trémoulière, Grando marquait en coin et donnait plus d’avance à son équipe (19-7) avant que le banc fasse son entrée en masse pour la fin de match. L’énergie avait définitivement changé de camp, Dannah O'Brien manquait une deuxième pénaltouche importante, la France affichait désormais un insolent 84% de possession dans le dernier quart d’heure.

L’objectif répété par Pauline Bourdon-Sansus était d’aller chercher le bonus et chaque occasion était bonne pour y parvenir. La numéro 8 Léa Champon écrasait à la 7!e l’essai qui allait sceller le score (26-7). Une fois encore, la France était irrésistible en seconde période. Troisième victoire bonifiée dans ce Tournoi 2026.