Quatrième victoire de rang pour la France da,s ce Tournoi des Six Nations 2026, samedi 9 mai. Le chrono affichait 50 secondes que le premier essai de la rencontre était inscrit, en coin, par la capitaine des Bleues, Manae Feleu (le cinquième de sa carrière). Malgré l’absence de transformation de Carla Arbez (78 % au pied depuis le début du Tournoi), la France menait déjà 0-5. Minoritaires au Hive Stadium d’Édimbourg, les supporters français se faisaient entendre avec force. Une entame idéale ? Face à l’une des équipes les moins pénalisées, les Françaises sont tombées dans leurs travers avec trois pénalités lors des dix premières minutes (12 pénalités par match en moyenne). La double peine arrivait au quart de jeu avec un essai en force de la trois-quarts centre Rachel Philipps, incapable d’être stoppée par la défense française, et un carton jaune pour Manae Feleu (7-5).
Onze essais en tout
Mais la France a par le passé montré qu’elle pouvait gérer ces infériorités numériques, se sublimant et adoptant un style de jeu plus simple. Carla Arbez tentait un par-dessus, coup de pied à suivre par elle-même qu’elle récupérait pour aplatir cinq mètres plus loin. Et voilà la France qui repassait devant au tableau d’affichage (7-12). Juste avant que l’équipe revienne à quinze membres, Siobhan Soqeta inscrivait un essai pour sa première titularisation (7-19), profitant de la défense friable des Écossaises (74% de réussite au plaquage – plus mauvais taux du Six Nations).
À la demi-heure de jeu, l’essai du bonus était aplati par la numéro 8 Léa Champon après avoir patiemment construit leur remontée sur tout le terrain (7-26). La même marquait son doublé juste avant la pause. Mais les Écossaises n’abdiquaient pas pour autant et la centre Rachel Philipps complétait elle aussi son doublé avant lle break (14-31). Une première mi-temps globalement réussie avec 62% de possession et 63% d’occupation, mais toujours beaucoup trop de pénalités (4) pour un match international. « On retombe un peu dans nos travers. C’est un peu les mêmes erreurs, on se fait un peu pénalisées en mêlée. Je pense que la première ligne qui va être remplacée va faire le job », confiait Léa Champon sur le chemin du vestiaire.
La barre des 50 points passée à l'heure de jeu
« On veut maintenant gagner cette deuxième mi-temps comme on a fait pour la première, mais en gommant les erreurs qui ont remis l’Écosse dans le match », pointait le sélectionneur François Ratier. Et ce fut bien parti dès la reprise. Jeu debout, vitesse, passes dans le bon timing, bonne connexion et l’essai de Pauline Barrat avec le sourire pour son deuxième essai du Tournoi (14-36). Alors que la demie de mêlée vétéran Pauline Bourdon-Sansus (75 sélections) voulait mettre du rythme et confondait vitesse et précipitation, la première ligne était changée d’un coup (50e).
Bonnie Soqeta faisait une fois de plus parler sa puissance sur le septième essai des tricolores, puis Alexandra Chambon, entrée à la place de Bourdon-Sansus, fêtait sa 40e sélection (en prenant en plus le capitanat à la sortie de Manae Feleu) marquait pour passer la barre des 50 points avant l’heure de jeu (14-50). Deux cadrages-débordements et un raffut plus tard, l'ailière Léa Murie fonçait vers la ligne pour aggraver le score (14-55). Neuf essais, c'est, à ce moment du match, le nombre qu'avaient inscrit les Anglaises (dont quatre essais de Marlie Packer) contre l'Italie à Parme lors du match précédent (33-61).
En infériorité numérique pour le dernier quart d'heure
Mais la rencontre allait prendre une tournure particulière avec la sortie sur blessure de Soqeta à la 66e minute. Le banc français ayant été vidé, il n'y avait plus de possibilité de faire entrer une Française sur le terrain, obligeant les filles de jouer à 14 contre 15 pendant le dernier quart d'heure. Un souci ? Comme en première période, les Bleues se sont transcendées avec un dixième essai déposé par Annaëlle Deshaye (21-62).
Les Écossaises parvenaient néanmoins à décrocher un point de bonus défensif grâce à Aicha Sutcliffe à la 77e (28-62) avant que la France ne mette un point final à la rencontre grâce à Ambre Mwayembe sur le gong (28-69). Une démonstration de force à une semaine du Crunch final qui mettra en face à face les deux meilleures équipes du Tournoi. La France poursuit son invincibilité contre l'Écosse qui remonte à 2010.


