Ce déplacement à Cardiff était le premier match à l’extérieur pour les Françaises, arbitré par l’Irlandais Robbie Jenkinson appelée à remplacer la Néo-Zélandaise Maggie Cogger-Orr, blessée, pour son tout premier test. Très vite les Galloises mettaient la pression et jouaient dans le camp français, rappelant les premières minutes de la semaine précédente contre l’Italie où la France n’avait mené que 5-0 en première période avant de lâcher les chevaux en seconde (40-7).
Yllana Brosseau, pénalisée quatre fois en début de rencontre, écopait d’un carton jaune à la 13e minute, laissant le champ libre aux Galloises pour mener à terme leur arme préférée, le ballon porté. Mais une faute attribuée à Pauline Bourdon-Sansus conduisait à un essai de pénalité et un carton sur la demie de mêlée, obligeant la France à jouer à 13 contre 15 pendant dix minutes (7-0).
Elles marquent… à 13 contre 15
Dans ce début de rencontre catastrophique sous le vent de l’Arms Park à Cardiff, collé au Principality Stadium au cœur de la ville, la France était obligée de s’adapter, repositionnant ses joueuses à tous les niveaux pour gérer ce temps faible. A l’inverse de la dynamique, Madoussou Fall-Raclot marquait après une série de pick-and-go de la part des premières lignes françaises, pour revenir à hauteur du Pays de Galles… alors qu’elles étaient encore en large infériorité numérique (7-7).
Elles avaient bien failli réitérer juste avant de revenir à 15 contre 15, si ce n’était sans la grosse défense des Galloises qui résistaient sur leur ligne. Pénalisées sur les ballons portés notamment, les Bleues se heurtaient à un gros mur rouge qui les empêchait de construire leur jeu. Loin d’être concluante, cette première période était conclue par la sortie sur blessure, à la cheville, d’Yllana Brosseau.
« Ce qui nous met dans le jus, c’est nos cartons, c’est notre indiscipline. On s’était dit : aucune pénalité et au final on a deux cartons en quinze minutes. Ça nous fait mal de jouer à 13 », regrettait la demie d’ouverture Carla Arbez. « Il faut qu’on aille chez elles, qu’on soit plus propres et qu’on tienne le ballon, parce que quand on tient le ballon, on a vu qu’on peut avancer. On n’est pas agacées, juste de la frustration je pense, parce qu’on voit qu’on peut les dominer, mais on ne les domine pas. »
De la casse dans le camp tricolore
Avec le vent dans le dos, les Françaises devaient relancer le match en prenant l’axe plus souvent, comme le souhaitait le sélectionneur François Ratier. C’est ce qu’elles appliquaient dès le retour des vestiaires avec un essai en force de la capitaine Manae Feleu (7-14).
Le début de la seconde période faisait un peu de dégât chez les Bleues avec notamment la sortie de la trois-quarts centre Gabrielle Vernier, 60e sélection, toujours efficace au cœur du combat, mais touchée à l’épaule. Sortie également sur protocole commotion de la puissante Madoussou Fall-Raclot, obligeant une énième réorganisation.
Le déclic dans un match verrouillé
Mais à l’heure de jeu, le carton jaune sur la deuxième-ligne Gwen Crabb après un plaquage haut sur Assia Khalfaoui allait créer un appel d’air dans ce match verrouillé. L’ailière Léa Murie faisait le break, suivant Bourdon-Sansus, partie petit côté le long de la ligne de touche derrière un ruck, sur la ligne des 40 mètres (7-19) pour inscrire son 7e essai en huit sélections.
Alors que la pluie tombait sur Cardiff et profitant que les Galloises préféraient sécuriser les extérieurs, Bourdon-Sansus repérait un boulevard après un ballon porté et marquait juste avant de sortir (7-26) après sa performance qui lui valait le titre de joueuse du match. A l’heure de jeu, l’ensemble du banc était vidé pour construire sur le momentum.
Les Galloises ne s’économisaient pas en défense – 198 plaquages contre 124 (75% de réussite contre 91% pour les Bleues) – face à une équipe de France qui multipliait les attaques – 1 125 mètres parcourus ballon en main contre 464 - à l’image de Léa Murie rattrapée à un mètre de la ligne. Sur l’action suivante, Anaïs Grando étendait le bras au maximum pour inscrire son deuxième essai en autant de sélections (7-33). Son doublé en bout de ligne à deux minutes de la fin permettait à la France de repartir avec le bonus (7-38).


